Retour à l'aperçu

Recyclage à 92% - Un excellent bulletin

Suivant

Des dizaines de milliers de nouvelles voitures sont vendues chaque année en Belgique. Ce qui signifie aussi que des dizaines de milliers de véhicules sont mises hors circuit. Mais que deviennent toutes ces voitures ? Au fil de notre enquête, nous atterrissons à Menin.

La casse

Recyclage

Menin, c’est le plat pays par excellence. Du coup, nous savons que nous sommes arrivés à destination dès que nous voyons surgir devant nous de drôles de montagnes. Des montagnes de ferraille. Les bras d’une gigantesque grue font d’incessants va-et-vient. La première chose que fait Vanessa Van Lierde, responsable de la communication chez Galloo, c’est nous filer un casque de sécurité. Entre les vieux aspirateurs et les cubes de canettes compressées, elle nous guide vers l’arrière du terrain. Là où des centaines de voitures attendent. Elles attendent quoi ? D’aller à la casse.

Valorauto fait partie du groupe Galloo, qui est actif dans l’industrie du recyclage. Ils traitent des tonnes de déchets, notamment ceux qui proviennent des parcs à conteneurs. Sur un autre site, ils débardent aussi des vieux bateaux. Mais ici, ils démolissent des voitures, donc. 

L’obligation de reprise

Avant de passer à la démolition, Vanessa nous propose une brève introduction: « Avant, les voitures étaient essentiellement constituées en acier. Une partie était recyclée dans la sidérurgie. Aujourd’hui, les voitures sont plus légères et se composent de toutes sortes de matériaux. Aluminium, zinc, plastique, caoutchouc, verre, tissu, etc.
En 2000, l’Europe a émis une directive pour le démantèlement des voitures et la réutilisation maximale de tous ces précieux matériaux. C’est la raison pour laquelle les garages et les constructeurs sont soumis à une obligation de reprise. Aujourd’hui, ils sont obligés de reprendre gratuitement une ancienne voiture, même si on n’achète pas de nouveau véhicule. Les voitures en fin de vie sont ensuite emmenées dans un centre agréé. Nous avons ainsi plusieurs sites en Wallonie et en Flandre. Nous contrôlons les papiers et nous désimmatriculons la voiture. Donc, si vous espérez trouver une vieille caisse à rafistoler, vous n’êtes pas à la bonne adresse. Par contre, nous prêtons parfois l’un ou l’autre véhicule à une école du coin, qui l’utilise pour ses cours. »

A quoi ressemble un cimetière de voitures ?

Recyclage

1ère étape : la dépollution

« D’abord, les voitures sont ‘vidées’ par des spécialistes », nous montre Vanessa.
« Dépolluer, c’est éliminer toutes les substances dangereuses de la voiture. D’abord la batterie, puis les restes d’essence ou de diesel, l’huile, le liquide de refroidissement et le liquide lave-glace. Le pot catalytique et les pneus sont aussi retirés. Pour éliminer les liquides de climatisation correctement, notre personnel a même dû suivre une formation complémentaire. Car la loi impose d’obtenir un certificat pour cette manipulation. Il est donc très important que tout se passe dans les règles. En effet, le moindre résidu de produit dangereux peut déclencher un vrai feu d’artifice à l’étape suivante. »

2ème étape : la compression

« Ici, nous compressons les voitures dépolluées. Le but principal de la compression est de faciliter le transport vers la phase suivante. Dans cette étape, le système d’arrosage est important pour éviter les poussières. À l’heure actuelle, la législation nous oblige à recycler 85% d’une voiture. Le plus gros du travail passe par le tri sélectif des matières, qui peuvent ainsi être réutilisées. Nous utilisons comme combustible une plus petite proportion, qui est donc récupérée sous forme d’énergie. La cimenterie et la construction routière utilisent aussi parfois des matériaux issus de carcasses de voitures. »

3ème étape : le déchiquetage

« Une déchiqueteuse – aussi appelée shredder – est une énorme installation dans laquelle les carcasses sont moulues par des sortes de marteaux. Tout va super vite, ça prend à peine 30 secondes. Ce qui ressort de la machine ne dépasse pas la grosseur du poing. Vient ensuite la phase la plus importante. Nous utilisons d’abord un aimant pour extraire l’acier. Les autres matières sont triées grâce à une technologie de pointe. Pour faire simple, disons que, dans un liquide, certains métaux et matériaux flottent, tandis que d’autres coulent. C’est ainsi que nous pouvons les séparer. La Lys est à deux pas d’ici, nous utilisons donc souvent le bateau pour acheminer les résultats du tri sélectif dans d’autres sociétés, où ils sont réutilisés. »

Le rapport

« Chez Valorauto, nous sommes aujourd’hui à 92% de recyclage. Un très beau résultat. Mais l’Europe imposera un recyclage à 95% à tous les centres agréés d’ici 2015. Nous avons donc encore du pain sur la planche.  » 

Un job qui a de l’avenir

« Nous cherchons régulièrement des techniciens en automobile pour la dépollution des voitures. Logique, le mieux placé pour démanteler une voiture est quand même celui qui sait à quoi ça ressemble à l’intérieur. Il n’est pas toujours évident de trouver des candidats qualifiés. C’est un peu compréhensible ; les jeunes suivent une formation dans le but de réparer une voiture, pas de la démolir. Mais certaines matières ne seront pas indéfiniment disponibles et le recyclage deviendra de plus en plus important. Un job dans l’industrie du recyclage, c’est donc un job qui a de l’avenir ! »