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Je démonte, tu prépares, il soude, nous peignons, vous contrôlez ...

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Accueil convivial chez AZ Partners, une carrosserie dont les locaux sont situés à Bastogne et à Arlon et cogérée par Pierre Adam et Jean-Benoît Zeler. L'entreprise compte 25 personnes et est spécialisée dans la carrosserie auto, moto, utilitaire et industrielle (portes de garage). La carrosserie fait appel à des apprentis et à des stagiaires en provenance de l'École Pierard (enseignement technique avec stage en entreprise de 2 jours par semaine pendant 10 semaines), de l'IFAPME et de l'École Lenoir (un jour à l'école pour 4 jours au garage).

Qu'est-ce qu'un bon apprenti chez AZ Partners ?

Leerjongens / apprentis

« Avant tout, le suivi des consignes est important. On doit sentir une progression de jour en jour et la motivation doit être présente. Les jeunes doivent avoir envie d'apprendre le métier. La rentabilité est un élément très important également. »

Stagaires et apprentis en formation

Les apprentis doivent très vite être efficaces et bien maîtriser les bases. L'école leur apprend les bons gestes mais pas toujours la rapidité. Selon Pierre Adam, les écoles sont parfois sous-équipées au niveau de la tôlerie et des nouvelles techniques car le matériel nécessaire est particulièrement coûteux. Pour pallier ce manque, AZ Partners a trouvé un accord avec EDUCAM afin d’envoyer les élèves en formation au centre AutoFORM à Liège, en même temps que leurs carrossiers. Les jeunes y apprennent les nouvelles techniques de soudage, le débosselage sans peinture, la certification pour véhicules électriques ... 

La carrosserie en constante évolution

Leerjongens / apprentis

Ces dernières années, les composants de véhicules ont été fortement modifiés : structures en aluminium, aciers à haute résistance élastique. Les méthodes d'assemblage en usine évoluent également très rapidement. On trouve aussi beaucoup d'électronique embarquée, de nombreux éléments de sécurité, comme les radars antirapprochement ou encore le volant ou le siège qui vibre quand on passe sur une ligne blanche. 

Avec les véhicules hybrides, il faut être très vigilant au niveau du voltage, on n'est pas à l'abri d'une électrocution. Un ou deux membres de l'atelier doivent être « certifiés hybrides » afin de maîtriser les techniques de manipulation et de démontage des véhicules électriques.

L’impressionnant robot de séchage

L'investissement dans ce robot au gaz (coût : plus de 125.000 euros) s'est imposé en 2000, quand le secteur a été contraint d'utiliser des produits à base d'eau afin de satisfaire aux normes écologiques. Avant, les peintures contenaient des solvants qui transformaient les liquides en solides.

Le souci avec les produits à base d'eau, c'est le séchage qui nécessite à présent bien plus de débit d'air dans les cabines et une augmentation de puissance au niveau des calories. Et c'est là que le robot démontre toute son utilité. Il s'agit d'un appareil basé sur la même technologie industrielle que les robots de séchage du TGV. On peut y peindre à 10°C (contre 22-24°C dans une cabine  traditionnelle).

Concrètement, on applique la base à l'eau et les parties mobiles du robot se déplacent le long des parties à sécher du véhicule, un peu comme dans un car-wash. On répète ensuite l'opération avec les deux couches de vernis. En deux ou trois passages du robot, la voiture est terminée, tandis qu'en cabine traditionnelle, il faut « cuire » les pièces pendant environ une heure à 60 °C.

Pour illustrer son propos, léger et aérien, Jean-Benoît Zeler nous montre ensuite, à l'aide du pistolet qui lui tient lieu de cavalière, la danse de la peinture, où se mêlent l'expérience, la technique et l'amour du travail bien fait. Ou quand la peinture classique et la danse contemporaine se rejoignent !

Les clés d’un stage réussi

Alain Cornet, enseignant à l’école Pierard, est fier de la Section Carrosserie de son école. Il y a une dizaine d'années, l'École a fait installer une toute nouvelle carrosserie comprenant tous les éléments d'une carrosserie moderne au niveau de la préparation et de la peinture.

L'École Pierard prête également ses installations pour des formations aux clients de la société Sikkens. En échange, les professeurs de l’école peuvent également assister à ces cours, ce qui leur permet de suivre les évolutions au niveau des peintures. Sur le plan des machines, un banc de mesurage et un appareil à souder moderne permettant de réaliser les soudures par point de résistance seraient toutefois les bienvenus.

« Nous travaillons en atelier pour des clients qui nous confient leurs véhicules. Comme dans un autre garage, nous effectuons d’abord un devis et puis nous effectuons les réparations. Nous avons même déjà procédé à la peinture complète d'une Ferrari et d'une Porsche ... et je dois dire que le bouche à oreille fonctionne bien. »

À partir de la 6e et de la 7e professionnelle, les élèves suivent un stage de 10 semaines à concurrence de 2 jours par semaine dans un garage. Soit l’école suggère un lieu de stage à l'élève, soit c'est lui qui vient avec une proposition. Dans tous les cas, il faut veiller à ce que cette carrosserie soit sérieuse et propose à l'élève le matériel et l'encadrement adéquats.

L'enseignant effectue 2 visites par stage : une visite de contrôle et la visite d'évaluation de l'élève, ce qui permet de garder le contact avec le monde de l'entreprise. En fin d'année, les carrossiers font partie du jury de qualification.

La parole aux stagiaires

Sylvain Latran, 19 ans, « La passion du travail bien fait »

Quand on parle de carrosserie à Sylvain, son regard s'illumine. Sa passion du métier lui vient de son père qui avait déjà un peu de matériel à la maison. Sylvain a suivi à l'École Pierard la mécanique en 3e et 4e, pour ENFIN suivre les cours de carrosserie à partir de la 5e.

Expérience ...
Ce qu'il préfère, c'est la préparation et le résultat final. Pouvoir tout gérer de A à Z et l'aspect varié des différentes étapes. En revanche, comme c'est un amoureux du travail bien fait, il aime prendre son temps et trouve un peu dommage qu'en entreprise, on presse parfois les élèves au détriment de la qualité.

Son futur ...
« Je rêve de passer ma vie dans la carrosserie et être responsable de mon entreprise un jour. »

Kevin Vissers, 17 ans, « Ce que je préfère, c'est la réparation des voitures »

Expérience ...
« On apprend mieux dans un garage et la motivation est bien plus grande car on travaille pour de vrais clients. On collabore avec tous les ouvriers du garage, on apprend un peu de chacun. »

L'avenir ...
Après son apprentissage, Kevin se voit travailler dans une carrosserie ... c'est plutôt bon signe !

Thomas Evrard, 19 ans, « Aucune journée ne ressemble à une autre… »

Après avoir terminé ses secondaires en section Comptabilité, Thomas poursuit son rêve d'enfant et entame une formation en carrosserie.

Expérience ...
« Ici, ça change tous les jours : préparer des pièces neuves avant peinture, changer un pare-chocs. Ce que je préfère, c'est la tôlerie. Par contre, je n'aime pas du tout préparer les portes de garage! :-) »

« Ce qui est chouette dans un garage, c'est que l'on peut utiliser et voir fonctionner des outils dont on ne dispose pas dans les ateliers de l'école, comme la machine à induction pour enlever tout ce qui est collé. »

Et demain … ?
À 19 ans, son avenir, Thomas l'envisage comme indépendant avec, pourquoi pas, dans le futur sa propre carrosserie ... ?