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Lowie Vermeersch

Designer automobile
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Style, profil, forme, ergonomie, aérodynamique… Une voiture est bien plus qu’un moteur vrombissant. Portrait de Lowie Vermeersch (°1974), un designer automobile qui a peu à peu conquis Turin et les coeurs des amateurs de voitures.

ID KIT
  • Âge : 40
  • École : L’université technique de Delft
Lowie Vermeersch

Turin? Oui, Turin, la capitale italienne de l’automobile. Le siège historique de Fiat. Mais aussi la base de Pininfarina. C’est là que tout a commencé pour Lowie Vermeersch. Avec un stage de 6 mois qui l’a mené jusqu’au saint des saints: le studio de design. Car les designers de Pininfarina ont de nombreuses Maserati, Ferrari et Alfa Romeo à leur actif.

Les jeunes années

Lowie Vermeersch grandit en province de Flandre occidentale. À la campagne, dans une famille de créatifs. Son grand-père artiste, sa mère, son père… Tout son entourage papillonne dans le monde de la création. Avec ses 3 frères, il passe des heures à dessiner sur la grande table de la cuisine. Crayons et marqueurs sont toujours à portée de main, dans une grande boîte en bois. Contrairement à ses frères, Lowie trouve son inspiration dans le monde réel. Ses frères s’inspirent davantage de leur imaginaire. D’ailleurs, ils sont devenus artistes. "Le travail du designer, est beaucoup plus influencé par le monde extérieur. C’est très différent pour l’artiste, selon moi.”

Ford Taunus

Un jour, alors qu’il est encore en secondaire, il découvre chez un ami de son père une vieille Ford sous une couche de poussière. Le coup de foudre. Lowie achète immédiatement la voiture. Christian, le garagiste du coin, lui offre l’espace nécessaire pour se défouler sur sa Ford. Il passe des heures sur la carrosserie. "C’est à cette époque que ma fascination pour les voitures s’est concrétisée. Cette expérience a aussi forgé le designer que je suis aujourd’hui."

Delft

Après ses humanités, Lowie Vermeersch prend la direction des Pays- Bas et de l’université technique de Delft. Il y étudie le design industriel. La première année est difficile. "Je n’arrêtais pas de me demander si c’était bien ce que je voulais faire. Il y avait aussi le choc des cultures. Je me retrouvais tout à coup au milieu de citadins sans complexes. Il y a même eu de la bagarre." Mais Lowie mord sur sa chique. En 2e année, il trouve ses marques. Oui, c’est vraiment ce qu’il veut faire. Mieux encore, il veut bien le faire. Il devient ambitieux.

La lettre

En préparation à son stage, Lowie compose un portfolio qu’il envoie à différents bureaux. Et voilà qu’il reçoit une lettre dans son petit kot. "Le papier portait l’en-tête de Pininfarina. Ils me prenaient en stage. C’était fantastique! Je m’en souviens comme si c’était hier. Je suis sorti en courant et j’ai roulé pendant des heures au volant de ma vieille Ford. La musique à fond."

Volkswagen Passat

Turin… le rêve devient réalité. "Mais comment arriver jusque-là? Me voici chez Christian, avec mes petites économies. Quelle est la plus grosse voiture que je peux avoir avec ça?" Sa réponse fut une vieille Volkswagen Passat. Mon barda à bord, les adresses de Pininfarina et de l’hôtel en poche, me voici parti pour l’Italie.

La porte de gauche

Pendant le stage, Lowie doit trouver le bon équilibre. "Je faisais des recherches pour ma thèse, mais les autres stagiaires me disaient: “Tu es fou, tu dois surtout dessiner, inventer.”

Donc, je faisais mes recherches en soirée." Chez Pininfarina, les stagiaires n’ont pas le droit d’entrer dans le "vrai" studio, pour éviter d’éventuelles fuites. "Le dernier jour, le chef designer est venu vers moi et m’a fait signe de le suivre. Je crois qu’il ne parlait qu’en italien. Instinctivement, j’allais me diriger vers la droite, mais il m’a emmené vers la porte de gauche, la porte du studio. C’était la première fois que j’y mettais les pieds. Waouh. Et là, ils m’ont proposé un contrat."

Nido

Le vrai travail peut commencer. "Après 4 ans, je suis devenu chef d’équipe des junior designers. Tout s’est fait très naturellement. Ils voient que tu prends des initiatives, que tes projets sont porteurs... " Le projet "Nido", une citadine sûre, marque un tournant dans sa jeune carrière. "Nido n’était pas un projet officiel, ce qui laissait plus de place à l’innovation. J’avais dessiné une petite voiture, les premières esquisses tenaient sur un post-it. La réaction d’Andrea Pininfarina a été instantanée: “Ce sera notre prochain concept-car!” Pour moi, une voiture doit avoir du caractère et dégager quelque chose de positif."

Concurrence

La tâche n’est pas facile. "Chez Pininfarina, on est toujours en concurrence avec les autres designers. Chacun se bat pour faire passer ses projets. Ce n’est pas toujours une mince affaire avec des designers qui ont autant d’expérience. Personne n’accepte tes propositions pour tes beaux yeux."

Directeur

À 32 ans, Lowie est nommé directeur du département design. La place s’est retrouvée vacante suite au départ à la retraite de l’ancien grand chef. "Andrea a pris son temps pour sa succession. Jusqu’à ce qu’il m’appelle dans son bureau: « En réalité, tu es trop jeune, mais tu es celui qui convient le mieux. »" C’est ainsi que Lowie Vermeersch s’est retrouvé à la tête d’une équipe de plus de 100 (!) designers, maquettistes, techniciens informatiques et ingénieurs.

Granstudio

Après avoir mené à bien une série de projets au poste de directeur, Lowie sent qu’une page se tourne. Il est prêt pour un nouveau défi. En 2011, il quitte donc Pininfarina pour lancer son propre bureau: ‘Granstudio’ (www.granstudio.com). Un studio qui lui donne toute la marge de manœuvre nécessaire pour étendre sa passion du design à d’autres domaines. Aujourd’hui, les 16 membres du studio travaillent non seulement pour divers constructeurs automobiles, mais aussi pour le secteur de l’architecture et de la mobilité.